Je me suis mariée
alors que j'étais encore étudiante. Amoureuse d'un
homme aux larges épaules qui me paraissait être l'homme
idéal. De l'ambition, du charisme et une façon bien
à lui de me faire l'amour. A l'époque, l'un de ces
seuls arguments aurait été suffisant pour que j'épouse
cet homme.
J'ai abandonné mes études pour élever notre
premier enfant. Pendant que je jouais le rôle de mère,
mon mari parvint à créer sa propre entreprise d'informatique.
Il y a vingt ans, parier sur l'informatique était un pari
ambitieux. La réussite foudroyante de mon mari ne fit que
décupler mon admiration jusqu'à l'aveuglement. Je
devins une femme au foyer qui recevait les clients de mon "chef
d'entreprise" dans un bel appartement bourgeois. Matériellement,
j'ai connu l'abondance. Je me demande même si je n'ai pas
assimilé les largesses de mon mari à des marques d'amour
intangible. Je suis restée sur ma lancée en étant
mère une seconde fois.
Maternité, mondanité, ma vie virevoltait et trouvait
toute la tendresse du monde dans les bras de celui qui me permettait
tout cela.
Mon mari m'a quitté après quinze années de
mariage que je croyais parfait. Il s'est installé avec une
collaboratrice. Pour moi ce fut une cassure, un divorce rondement
mené et une dépression spectaculaire que je crus ne
pouvoir surmonter. Une amie, ma meilleure amie, avec une patience
d'ange a su m'accompagner pendant mon naufrage. J'avais songé
au suicide très concrètement. J'ai donc vécu
deux années d'enfer. Je n'ai pas pu tout retenir de ma souffrance
auprès de mes enfants. Ils m'ont vu accablée. Je le
regrette mais je n'ai pas eu le maintien suffisant pour rester neutre.
Ma condition de vie matérielle n'a pas changé. Mon
ex-mari a fait les choses en grand. J'ai conservé l'appartement
et je dispose d'une pension alimentaire astronomique. Pendant ces
années douloureuses, je ne le voyais plus du tout. Le voir
eut été une sorte de brimade, je le pressentais comme
cela.
Mon amie m'a amené un amant pour me distraire. Un homme adorable,
discret sans ambition aucune. C'est un homme sans complication pétri
de simplicité. Je lui fais l'amour avec beaucoup de douceur.
Il me dit qu'il est heureux avec moi et qu'il voudrait vivre avec
moi. Je lui ai dit non en expliquant que le divorce m'avait traumatisée.
La réalité est que depuis un an, j'entretiens une
liaison avec mon ex-mari. Une folle passion assouvie comme des amants
adultères. Il vient à l'appartement, discrètement
sans que sa concubine ne le sache et nous nous aimons, j'allais
dire furieusement... Il repart la gorge un peu serrée et
moi je me sens forte.
Récemment, mon ex-mari a envisagé de revenir dans
ma vie. Je lui ai dit que j'avais quelqu'un d'autre. Je l'ai révélé
pour découvrir ce qui le liait encore à moi. Sa réaction
fut d'une jalousie dont je ne le crus pas capable. Il m'a parlé
d'amour aussi. Mon cœur a entendu, cependant cette fois mon
esprit a admis que mon mari m'aimait certainement mais qu'avant
tout il avait l'ambition de me posséder, de me soumettre.
Je découvre que cet homme ne sait aimer que dans le combat,
l'acharnement à vaincre. Son amour n'a aucune consistance
dans la vie au jour le jour. Combien de temps voudrais-je être
un jeu, une proie ? Je ne sais pas. Je suis heureuse de comprendre
ce que fut mon mariage, ce que furent les erreurs. Il me reste à
comprendre ce que je veux vivre et avec qui je veux le vivre. Je
suis en dehors des conventions, je considère mon amant comme
un époux et mon ex-mari comme mon amant. J'y trouve un équilibre
que j'espère transitoire. Transitoire, peut-être pas,
peut-être ai-je trouvé ma façon de vivre...
J'ai parfois l'impression qu'aimer n'est pas une loi à suivre
rigoureusement et que les articles qui la composent sont très
enrichissants, d'autant plus si l'on n'exclut pas les alinéas...
du moment que la sincérité subsiste.
Judith
Je me demande si vous n’avez pas tout simplement
découvert la vraie façon d’aimer… Bien
sûr, il n’y a pas qu’une seule façon. Malgré
tout dans l’esprit, je crois qu’il n’y a en a
qu’une.
J’essaie de dire que nous avons tous une couleur dans l’amour.
Certains sont très expressifs, d’autres moins. Certains
sont sexuels, d’autres moins. Je crois que cet habillage n’interfère
pas dans le fond des choses. Si chacun se dispensait de vouloir
prendre le contrôle de l’autre, si chacun cessait de
faire du placement à long terme dans sa vie amoureuse…
nous libèrerions l’amour de ces contraintes malsaines
qui nous causent tant de ruptures.
Nous avons tous dit bien trop précipitamment que nous allions
aimer pour la vie le partenaire qui nous accompagne. L’expression
"femme de ma vie" ou "homme de ma vie" est une
incongruité contre nature. Qui ne peut se souvenir de l’impression
d’éternité d’une relation amoureuse pendant
les moments forts d’un amour neuf ? Combien de fois ai-je
dit que l’amour est merveilleux parce que la personne qui
m’accompagnait était merveilleuse ? Enfin ! En réalité,
cette personne merveilleuse apparaissait comme telle parce que le
désir d’elle m’animait, parce que nous sortions
ensemble et que tout nous faisait rire. Cette même personne
devenait moins merveilleuse quand son caractère que je découvrais
peu à peu se confrontait au mien.
Si nous avions ce petit brin de sagesse quand on se sent troublé
par quelqu’un, nous devrions être capable de dire :
je vais m’étourdir de cette rencontre mais il n’est
pas question que je parle d’amour avant d’avoir exploré
la personnalité de l’autre. Nous parlons d’amour
avant d’aimer. Et d’ailleurs nous parlons d’amour
pour être aimé. Que de gâchis par nos phrases
en l’air et nos attitudes de collégien !..
Etre détachée, pleinement lucide comme vous l’êtes,
avec ce sentiment de curiosité de savoir si votre vie est
ainsi que vous la vivez ou alors un passage vers un autre univers,
me paraît être la meilleure façon de vivre l’amour.
Vivre les choses. Ne rien se refuser dans l’expérimentation
personnelle. Avoir du recul. Réfléchir. Vous semblez
avancer vers vous-même grâce aux autres, sans cependant
cette dépendance enfantine de l’amour aveugle qui nous
guide vers des illusions. Vivre l’amour n’est pas s’emporter
vers l’inconnu ou vers un inconnu parce qu’on a besoin
de vibrer. Je crois qu’il faut vivre de l’intérieur
avec maturité et ensuite dans un délice vigilant oser
dire que l’on aime si on pense aimer avec la sincérité
dont vous parlez. Au diable les déclarations si on ne ressent
rien : à charge pour le partenaire de s’éloigner
s’il s’impatiente de s’entendre dire qu’il
est aimé. S’il n’a que ça à faire
dans sa vie d’être aimé, qu’il décampe
et prenne une assurance sentiment à taux plein ! Dans les
rapports que vous entretenez avec vos amants car votre ex-mari n’est
autre qu’un amant, vous ne cherchez pas à les installer
dans le créneau de vos besoins. Ils sont là par alternance,
ils gravitent. Vous accompagnez sans ambition une part de leur vie,
ils accompagnent votre vie de femme seule. Une vie solitaire en
dehors de la solitude. Vos histoires sont sans prétention,
sans engagement surhumain. Vous n’exprimez pas la juvénilité
de l’amoureuse perturbée par ses petits frissons intimes.
Vous naviguez dans la fluidité. J’aime l’idée
du mouvement. Le mariage est un rivet, une bite d’amarrage
qui rassure au début de la vie et qui fige l’avenir.
Le divorce est un bris qui ne construit pas. Il brise les chaînes,
certes. Après, le divorcé se retrouve devant le temps
perdu qu’il n’a pas consacré à sa propre
recherche.
Comme une boutade, je dirai que le mariage devrait être interdit
au moins de 40 ans. Nous devrions comprendre qui nous sommes en
nous départissant des liens du passé, voire de l’enfance.
Faire des rencontres expérimentales, éviter de parler
d’amour avant le mariage… Trouver notre rythme intérieur,
acquérir de la distance face à l’expression
de nos sentiments puis nous exprimer enfin le jour de notre anniversaire.
En soufflant les quarante bougies nous accompagnerions, que ce soit
dans des liens familiaux ou des rencontres amoureuses, les personnes
de nos choix mûrement réfléchis avec la sensation
de mouvement, chacun étant une étape de vie à
l’autre. Rien de plus. Il faudrait un mariage à durée
déterminée éventuellement renouvelable. Occasionnellement
renouvelable. Il faudrait des unions libres, des concubinages folâtres,
du mouvement, toujours du mouvement. La liberté individuelle
n'était-ce pas la liberté de mouvement, de ses propres
mouvements ? L'expression "union libre" est plus forte
que tout, elle sent bon cette liberté d'évolution
qui nous manque. Peut-être fallait-il libérer les mentalités
avant les mœurs... Peut-être faudrait-il être jeune
quand on est vieux et vieux quand on est jeune…
Cyrielle
Bonjour
Après dix ans de vie commune, un enfant, nous avons décidé
de nous marier.
Mon mari m'a annoncé cinq mois après notre mariage
qu'il me quittait pour aller habiter avec une collègue de
travail qu'il connaissait depuis un mois environ. Nous nous sommes
beaucoup disputés. J'ai beaucoup souffert et mon mari souffrait
aussi.
Il a décidé de partir une semaine seul puis il a décidé
de revenir avec moi si je le voulais. Il a donné sa démission,
largué sa maîtresse, et nous avons reconstruit tout
doucement notre couple. Maintenant ce n'est plus du tout comme avant,
le moins de routine possible même si il est difficile d'y
échapper lorsqu'on est en couple. Nous partageons beaucoup
plus de choses qu'avant et surtout surtout lui qui avait plutôt
tendance avant à me rabaisser. Maintenant, il me dit beaucoup
de choses, m'appelle tout le temps, me dit qu'il m'aime. bref je
suis heureuse et amoureuse comme si on venait de se rencontrer (cela
fait un an passé que l'histoire est arrrivée). Je
crois avoir passé l'éponge si l'on peut dire ainsi
mais bien sur le pardon est plus difficile, je me concentre sur
la vie que j'ai maintenant. Le problème c'est que cette fille
n'habite pas très loin et je la croise parfois... J'ai très
peur qu'un jour il ne la rencontre à nouveau, est-ce normal
? Je me suis dit et je lui ai dit que s'il venait à lui adresser
la parole un jour et que je le sache, je demanderai immédiatement
le divorce. Nous avons beaucoup parlé de tout ce qui est
arrivé, nous nous sommes remis en question tous les 2, et
savoir qu'il lui adresserait la parole serait me trahir une deuxième
fois pour moi. Cette peur qu'il la rencontre me rend bien sur triste
parfois et j'ai peur de ce qui pourrait arriver, pourquoi ? Mon
mari a compris ce qu'il a fait et me dit qu'il le payera toute sa
vie. Il me jure que ca n'arrivera plus jamais...
Corinne
Que vous ayez des craintes, même si elles sont
peut-être déraisonnables, celles-ci sont légitimes.
Vous avez souffert, instinctivement vous n'avez pas du tout envie
de remettre le couvert.
Cette relation peut-elle reprendre avec cette femme
? Oui, c'est possible, mais cela voudrait dire que votre mari ne
vous aime pas suffisamment.
Peut-être faudrait-il qu'il soit confronté
à cette femme afin qu'il vous prouve que le danger est passé.
Si ce n'est pas le cas et qu'il "recraque", vous cesseriez
de vivre dans le mensonge affectif. Plutôt qu'à vivre
dans l'angoisse, plutôt que de nourrir un infime doute, une
vérité, même décevante, use moins les
nerfs !
Vous avez accompli beaucoup dans votre couple, l'ultime
étape est de trouver un point de quiétude sans pour
autant vous endormir dans l'entretien de votre mariage.
C'est le doute enfoui qui vous fait vous interroger.
Faites-le taire au plus vite !
hOHo
J'aime un homme depuis près de 2 ans et depuis
quelques mois il me trompe. Je vis un véritable calvaire.
Que dois je faire ? Aidez- moi pour le reconquérir. Merci
du fond du coeur.
Que vous vous transformiez en maîtresse experte,
que vous mettiez de la lingerie fine, que vous lui prépariez
le meilleur osso bucco de toute l'humanité, que vous lui
disiez des "je t'aime" mémorables et que tout cela
lui donne l'envie d'être fidèle le temps d'une certaine
culpabilité, l'effort de séduction ne contrebalancera
pas le fait que vous n'êtes pas parvenue à le scotcher
la première fois. La mayonnaise n'a pas suffisamment pris.
Quoique vous entrepreniez, vous serez toujours dans l'angoisse que
cela soit inutile, vous serez toujours dans la suspicion. N'oubliez
pas que le temps passe vite, alors les histoires d'amour partielles
sont à éviter sous peine d'une vie amoureuse manquée.
hOHo
bonjour à tous ça fait bientôt
4ans que je suis mariée nous n'avons pas d'enfant. J'ai fait
une fausse couche à 3 mois de grossesse il y a 2 ans de ça
et depuis il n'y a rien. On a fait des analyses qui ont dévoilé
que le problème était de lui et depuis qu'il l'a su,
il a complètement changé envers moi. Il est devenu
plus distant et ne communique plus comme avant avec moi. Par la
suite, j'ai découvert qu'il a connu une fille plus jeune
que lui de 11 ans, il lui a raconté toute notre vie dans
les moindres détails, a dévoilé notre intimité
... et cela dure depuis 1 année. La fille s'est attachée
à lui et lui envoie des messages très persos comme
"Je t'aime tu me manques trop", "J'en ai marre de
cette situation" ou alors "bisous partout". Donc
qu'en j'ai lu ces messages je suis devenue malade. Je ne fait plus
confiance à mon mari et je ne sais pas ou ça va nous
mener. D'ailleurs, il ne prend plus de traitement pour avoir des
enfants tellement il est préoccupé par elle, que-ce-que
je dois faire ? Je ne peux plus vivre ainsi, aidez moi svp merci.
La malheureuse
Bonjour,
Votre mari souffre d'une humiliation intime vis à
vis de vous. Les hommes n'aiment guère que l'ont remette
en cause leur capacité de procréation au sein du couple.
Il a eu besoin de se confier en dehors de son couple pour se sentir
écouté et non mis sur la sellette. Vous êtes
celle par qui le problème est venu. Vous n'y êtes pour
rien bien évidemment mais le besoin d'en vouloir à
quelque chose pèse sur vous.
La présence de cette jeune femme est destructrice
de votre couple mais vous le saviez déjà. Celle-ci
lui apporte la douceur qu'il recherche, une douceur mais aussi une
paix sans aucun risque de critique. Elle le prend tel qu'il est.
Sans doute vous faudrait-il le convaincre que vous l'acceptez tel
qu'il est. Pour éviter de lui mettre la pression sur sa fertilité,
pouvez-vous envisager de suspendre le traitement et prendre le temps
de discuter ensemble afin que vous puissiez lui prouver votre propre
douceur. Une sorte de nouveau départ.
Mais il est vrai que pour vous toutes ces incertitudes
de couple sont difficilement gérables, alors la reconstruction
de votre couple a pour limite votre propre équilibre.
Faites au mieux, abordez avec diplomatie la présence
de cette femme, ne parlez jamais d'elle avec méchanceté.
Positionnez vous en femme compréhensive. Vous n'avez le droit
à aucune mesquinerie, pas de colère, pas de trace
de jalousie. Vous devez déstabiliser votre mari sur deux
points. Votre capacité à le comprendre à propos
de sa fertilité et votre fiabilité amoureuse à
son égard.
Votre parcours sera sans doute long. En cas d'échec,
vous n'auriez aucun reproche à vous faire. Ce n'est pas négligeable
pour refaire sa vie, au contraire, vous seriez plus forte.
Bonne chance.
hOHo
Bonjour,
Je suis mariée depuis 6 ans et je connais mon mari depuis
10. Nous avons traversé de grosses épreuves qui m'ont
fait me détacher de mon mari mais lui est toujours fou de
moi...
Il y a un an, j'ai succombé au charme d'un de mes collègues.
Au bout de quelques mois, nous sommes devenus amants. Les sentiments
au départ étaient forts et réciproques ; mais
la difficulté de la situation nous a fait nous déchirer
à plusieurs reprises mais toujours en se retrouvant ensuite.
A l'heure actuelle, nous avons rompu il y a 3 mois.
Malgré la distance mise entre nous et l'absence de contact,
je pense à lui chaque jour, il me manque et je suis d'une
tristesse pas possible...
J'aimerais plus que tout revenir doucement dans sa vie mais la rupture
s'est faite par un long silence radio de sa part (il ne me l'a même
pas dit en face..) et je ne voudrais pas me ridiculiser à
lui avouer qu'il me manque.
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