Mon compagnon et moi
avons une petite fille de trois ans. L'an dernier, il m'a trompée
lors d'un déplacement. Il me l'a avoué après
que j'ai découvert un message téléohonique.
J'ai essayé de prendre sur moi et de nous redonner une chance.
Depuis quelques temps, il me dit n'avoir pas assez de liberté,
vouloir partir parfois seul sans prévenir trois mois à
l'avance et que nos rapports n'en seront que meilleurs... Je crois
qu'il a raison. Mais j'ai découvert qu'il avait une relation
(au moins téléphonique) avec une autre femme mariée
à laquelle il a donné rendez-vous prochainement. Je
me dis que c'est peut-être ma faute. Je ne sais plus que faire.
J'essaie de prendre soin de moi, de nous, d'être plus attentive
et tendre, mais ?
J'ai 47 ans, ma femme 41, nous avons deux enfants.
Peu après, la naissance de notre fille, j'ai vu ma femme
changer. Elle s'est inscrite dans un club de gym pour perdre le
poids pris durant sa grossesse, s'est fait refaire les seins, a
commencé à s'habiller plus sexy. Elle disait qu'elle
faisait ça pour me plaire, et j'en étais flatté.
Il y a bientôt trois ans, nous avions loué une maison
en juillet pour les vacances. Quinze jours avant de partir, elle
m'a dit qu'elle avait trop de travail et devait différer
son départ d'une semaine. Je suis donc parti seul, avec mes
quatre enfants (deux d'un premier mariage). Quand elle nous a rejoints,
elle était très sensuelle envers moi, très
amoureuse. Je me souviens même lui avoir dit que cette séparation
d'une semaine nous avait fait du bien...
Mais son portable n'arrêtait pas de recevoir des SMS. Elle
me disait que c'était son bureau qui l'appelait, mais ne
voulait pas la déranger en lui téléphonant
puisqu'elle était en vacances. Cet été là,
je jouais avec mes fils à un jeu idiot: un puzzle des départements
de France, avec des pièces en bois. On se chronométrait
pour savoir celui qui le ferait le plus vite. Un soir, alors que
ma femme était couchée, mon portable était
à plat. J'ai pris le sien pour me chronométrer. En
faisant défiler les programmes, je suis tombé sur
"SMS, archives". J'ai regardé, machinalement. Et
je suis tombé sur les deux derniers SMS qu'elle avait reçus:
un homme lui disait des mots d'amour et faisait référence
de manière explicite à leur relation sexuelle...
Le ciel m'est tombé sur la tête. J'étais assommé.
Je savais qu'elle avait eu une vie très libre avant de me
connaître, mais depuis douze ans que nous étions mariés,
jamais je n'avais eu le moindre doute quant à sa fidélité.
J'ai fait comme si je ne savais pas. Je voulais surprendre d'autres
SMS, et surtout ses réponses. Mais dès le lendemain
soir, j'ai craqué.
Elle m'a dit tout de suite qu'elle n'était pas amoureuse
de cet homme, que son amour l'avait flattée, qu'elle avait
eu tort d'entrer dans ce jeu, mais que c'était moi , uniquement
moi, qu'elle aimait. Pour le reste en revanche, elle assumait, aucun
remords, même de m'avoir superbement menti et invoqué
un prétexte professionnel bidon pour passer une semaine avec
lui à Paris. Il n'était d'ailleurs pas le premier,
mais le second. Tant qu'elle y était, elle m'a avoué
avoir eu une liaison avec un moniteur de ski du Club Méditerranée,
quatre mois plus tôt. Elle aime beaucoup le ski. Moi pas trop,
et j'avais du boulot, alors je l'avais laissée partir seule
avec notre fils pendant que je gardais notre fille.
Elle m'a juré que lorsqu'elle était redevenue dans
le charme après son deuxième accouchement, c'était
pour moi, rien que pour moi. Mais qu'ensuite, elle s'était
aperçue qu'elle appréciait les regards que les autres
hommes lui portaient, qu'elle en jouait. Son moniteur avait frappé
à la porte de sa chambre en fin de journée de ski,
après qu'elle ait ramené notre fils à la garderie
du club. Elle venait de prendre sa douche. Elle a ouvert en peignoir,
croyant que c'était notre fils qui avait eu un problème
à la garderie. Il est entré tout de suite, et après
elle m'a dit qu'elle avait été troublée de
se retrouver seule dans sa chambre en peignoir face à cet
homme.
Mais ce n'était pas un accident, puisqu'elle avait continué
à le recevoir pendant la semaine. Et qu'elle avait eu un
autre amant, à Paris. C'est la qu'elle m'a dit qu'elle m'aimait,
que jamais elle n'avait pensé à me quitter, mais qu'un
couple n'était pas une prison et qu'elle avait désormais
envie de périodes de liberté. Moi, je me sentais trahi:
nous étions en vacances avec nos enfants, heureux, nous faisions
beaucoup l'amour, et sous notre toit, elle répondait en cachette
aux SMS de son amant pour redevenir quelques minutes plus tard la
femme amoureuse que j'avais toujours connue...
Ces vacances ont été atroces. Il fallait faire bonne
figure devant les enfants, la famille, les amis. Mais le soir, je
lui parlais de divorce et elle me répondait qu'on divorçait
quand on ne s''aimait plus, quand on ne se désirait plus,
mais pas pour çà, que la fidélité n'était
pas l'essentiel dans un couple, et revenait toujours à sa
nouvelle obsession, son désir de "moments de liberté",
moments qu'elle m'accordait d'ailleurs en retour.
Nous ne nous retrouvions qu'en faisant l'amour. J'adore faire l'amour
avec ma femme. Elle est le meilleur coup que j'ai jamais rencontré.
Elle ne se contente pas d'ouvrir les jambes, comme beaucoup de femmes.
Elle sait donner du plaisir autant qu'en recevoir. C'est aussi pour
ça que j'étais tombé amoureux d'elle. J'étais
marié alors, mais ça ne marchait pas très fort
avec ma femme sur le plan sexuel. Le désir nous avait progressivement
quitté. Coralie, je l'avais rencontrée lors d'un déplacement
professionnel. Pour moi, elle n'était que le coup d'un soir.
Mais cette nuit a été extraordinaire. Plus tard, elle
m'a avoué qu'elle avait compris tout de suite que j'étais
l'homme qu'elle attendait, et qu'elle avait tout fait pour que j'ai
envie d'une deuxième nuit, puis d'une troisième. Elle
parlait de sensualité très librement, ce qui me choquait
et m'attirait à la fois. Elle disait que les hommes sont
faciles à prendre quand une femme connaît leur faiblesse.
J'étais choqué car ce savoir, elle ne l'avait pas
appris dans les livres... Mais j'étais en même temps
flatté d'avoir été l'homme qu'elle avait choisi
après avoir eu beaucoup d'amants. Et je me disais qu'une
femme qui a vécu librement avant son mariage n'a aucun regret
ensuite, et peut donc facilement devenir fidèle.
C'est difficile de quitter une femme avec qui l'entente sexuelle
est parfaite, surtout quand on l'aime, et avec deux petits enfants
qui ne demandent rien d'autre que de grandir sous le même
toit que leurs deux parents. En plus, mon fils aîné
a quitté cette rentrée-là le domicile de sa
mère pour venir vivre avec nous à Paris. Il avait
souffert de notre divorce. Coralie l'a accueilli comme s'il était
son fils. Je me voyais mal lui infliger une seconde séparation.
Et bien sûr, elle était adorable avec moi: amoureuse,
sensuelle, câline. Sauf qu'elle invoquait toujours son besoin
de "phases de liberté".
Je me sentais atteint dans ma virilité. Je me disais que
si elle était allée voir ailleurs, c'est qu'elle ne
se sentait pas satisfaite physiquement dans son couple. Elle m'assurait
du contraire, répondait que je n'y étais pour rien,
que ce qu'elle allait chercher ailleurs était irreproductible
dans un couple: le plaisir de la séduction, l'émotion
de la première fois, la découverte d'un corps d'un
corps différent.
Moi aussi, je l'ai trompée, à la fois pour me venger
et lui faire comprendre ce que c'était de se retrouver dans
la peau du cocu. Double échec. D'abord, je n'y ai pris aucun
plaisir. C'est terrible de baiser une femme en se demandant ce qu'on
fait là, avec le sentiment de n'être pas à sa
place. Douze années d'amour physique avec ma femme avaient
modelé mes attentes: c'est avec elle que j'aime faire l'amour.
Ensuite, elle ne m'a posé que deux questions: si j'étais
amoureux de cette femme, et si elle était plus jeune qu'elle.
Le reste lui était indifférent, du moment que je n'avais
pas une véritable liaison et que je l'aimais.
Alors, de manière tacite, nous en sommes venus à une
sorte de compromis, de nouvel équilibre dans notre couple
dont elle a bougé les lignes. Je ne suis pas idiot. Quand
je la vois partir pour "un week end au ski entre amies"
en s'étant verni les ongles de pied, je ne suis pas dupe.
Pas plus quand elle part pour un déplacement professionnel
subit, ou m'appelle pour me dire que son "séminaire
en province" a été prolongé d'un jour...
De toutes manières, je sais qu'elle ment très bien.
Elle me l'a prouvé lors de l'été 2005, et c'est
chez elle une seconde nature, puisqu'elle est avocate. Elle est
parfaitement capable d'aller à l'hôtel entre midi et
deux, elle l'avait fait avant de me connaître quand elle sortait
avec un homme marié. Lorsqu'elle est en déplacement,
elle appelle toujours à la maison le soir vers 20 heures
pour prendre des nouvelles des enfants. Parfois, elle rappelle plus
tard, pour ne parler qu'à moi. Mais parfois, elle ne rappelle
pas... Bien sûr, je pourrais l'appeler sur son portable, ou
la surveiller quand elle est à Paris. Mais à quoi
bon ?
Il y a aussi un indice qui, lui, ne trompe pas: parfois, au retour
d'un déplacement, elle a très envie de faire l'amour...
Et moi aussi, parce que je veux effacer en elle le souvenir de l'autre
homme, le surmonter, la faire jouir.
Nous vivons ainsi depuis près de trois ans, moi fidèle,
elle pas. Cette situation me pèse. Ce n'est pas ainsi que
j'avais rêvé ma vie de couple. J'ai l'impression de
vivre dans la menace de son prochain déplacement, ou séminaire,
ou "week end au ski entre amies".
Pour me consoler, je me dis qu'il vaut sans doute mieux avoir une
femme qui aime trop faire l'amour que pas assez.
Pour me rassurer, je me dis qu'il n'y a pas eu d'escalade, qu'elle
ne met pas notre couple en danger puisque ses liaisons, comme elle
me l'avait promis quand elle me demandait de lui accorder des phases
de liberté sont rares, discrètes, sans doute brèves.
Quand nous abordons ce sujet, c'est toujours avec des pincettes,
toujours avec des généralités. Elle ne parle
pas d'elle, mais "des femmes". Elle dit que chez les femmes
le plaisir est plus cérébral que physique, à
la différence des hommes, qu'elles sont plus sensibles à
la nouveauté, à l'inédit, à la séduction,
alors que les hommes aiment la répétition, que les
femmes savent faire la différence entre la vie intime et
les sentiments.
Elle m'a aussi rapporté, directement cette fois, une phrase
que lui avait dite son premier amant, le moniteur de ski, et qui
l'avait choque sur le moment. Elle lui avait demandé pourquoi
il était si sûr de lui quand il l'avait rejointe dans
sa chambre. Le type lui avait répondu qu'il avait senti qu'elle
était "disponible pour une aventure". Cette phrase,
j'y repense souvent quand je la vois partir le matin pour aller
à son job, en talons, jupe ou jean's serré, maquillée,
avec toujours une touche sexy: chemise un peu ouverte en haut, bague
à un doigt de pied l'été. Je sais qu'elle ne
va pas rejoindre un amant. Mais je me dis que si je la croisais
dans la rue, je me dirais que cette femme est effectivement "disponible
pour une aventure"...
J'ai fait des efforts pour rompre avec la routine d'un couple: week-end
surprise à deux, perte de poids, attentions, cadeaux. Rien
n'y a fait. Elle nous a installés dans cette nouvelle vie.
Mais jamais plus je ne suis pleinement heureux. Dans un dîner,
quand il y a une blague sur les "cocus", dans un film
à la télé quand une femme est infidèle,
la douleur revient, je la regarde.
Voilà, bientôt trois ans de ce régime. Je ne
suis pas malheureux non plus. J'aime ma femme, elle m'aime, nous
nous entendons bien au lit.
Mais je ne sais pas comment sortir de cette situation.
Liberté chérie ! La liberté
va parfaitement à ceux qui la décident, rarement à
ceux qui la subissent. Certaines femmes et hommes considèrent,
en effet, les liens du mariage ou la vie de couple bien au-delà
de l'engagement classique de la fidélité. Ils sont
fidèles à leur liberté, estimant qu'elle leur
est nécessaire. Ainsi, ces femmes et ces hommes infidèles
par conviction imposent leur rythme de vie à leur partenaire.
Si ce dernier a, par chance, le même besoin de liberté,
les unions deviennent très libres. Cette liberté de
couple pleinement partagée devient un moteur... jusqu'au
jour où une histoire d'amour imprévue vient briser
l'élan libertaire. Face au véritable amour, les hommes
et les femmes redeviennent extrêmement casaniers.
Les épris de libertés sont, peut-être,
amoureux de leur partenaire ou conjoint, mais pas au point de ne
pas aller voir ailleurs. Cela sous-entend que l'amour qu'ils trouvent
chez eux n'occupe pas leur esprit. Ils sont bien chez eux mais il
leur manque le petit quelque chose d'aventureux. Ils recherchent
éternellement la sensation des premiers instants d'une rencontre...
le coeur qui bat, les jambes qui flageolent, toutes ces vibrations
uniques aux nouvelles rencontres.
Le partenaire se retrouve soumis à des conceptions
de couple qu'il n'a pas choisi. Bon an mal an ou de mal en pis,
subir devient un art de vivre infernal.
Une question se pose, ces adeptes de la liberté
conjugale accordent-ils autant de liberté à leur partenaire
? En théorie oui... En pratique, souvent, ils deviennent
plus circonspects.
Vous avez un partenaire très libre dans votre
vie ? Testez sa conception de vie, de votre côté ayez
une relation amicale, ou plus si affinités, avec quelqu'un
avec qui vous avez plaisir à discuter, sortir... Soyez modérément
discret. Votre partenaire officiel doit sentir le vent du boulet
le frôler. Le risque d'être quitté réduit
souvent la perception de la liberté dans le couple. N'hésitez
pas à tenailler subrepticement votre partenaire. Rendez-lui
la monnaie de sa pièce.
- Vous même vous tombez amoureux : vous changez de vie ou
vous prenez goût à la liberté vous aussi.
- Vous vous apercevez que votre partenaire ressent les méfaits
de la jalousie... Il y aurait donc un soupçon d'attachement
là-dessous... A vous de maintenir la pression.
- Inertie complète de votre partenaire : votre couple n'a
plus de raison d'être. Vous avez déjà un pied
dehors et vous savez qu'il y a d'autres personnes qui vous attendent.
Quoiqu'il en soit, rétablissez l'équilibre
car aucun individu ne peut imposer ses façons de vivre à
quiconque. La liberté individuelle s'arrête là
où celle des autres commence. Cette règle universelle
s'applique à tous, même aux amoureux de la séduction.
Ils doivent choisir entre séduire ou aimer, c'est leur liberté
mais une liberté qu'ils doivent assumer seuls.
hOHo
Merci de ce commentaire, qui m'a fait du bien et
m'aide à y voir plus clair.
Je vais suivre votre conseil. Bien sûr, elle m'accorde en
retour la même liberté qu'elle s'offre depuis trois
ans. Mais j'ai sans doute eu tort, la seule fois où je l'ai
trompée, de lui dire que je n'y avais pris aucun plaisir.
Ça l'a certainement rassurée, et incitée à
continuer à avoir des amants de son côté. Maintenant,
je vais chercher une amie, davantage qu'une maîtresse. Quelqu'un
avec qui j'irai dîner, à qui je pourrai parler librement,
et plus si affinités encore que ce ne soit pas mon but. Si
effectivement ma femme ne réagit pas, ça signifiera
qu'elle ne m'aime pas vraiment quoiqu'elle en dise, qu'elle aime
juste la vie qu'elle m'a imposée. Elle gagne sur les deux
tableaux : un foyer uni, un mari qu'elle retrouve chaque soir, et
des amants de temps en temps. En plus, elle voit bien que cette
situation me fait souffrir.
Faites un peu de théâtre dans vos situations
de couple... Vous découvrirez la relativité des comportements
et la sincérité des sentiments autant que votre femme
pourrait être surprise de cette pièce de boulevard.
Aux entractes, vous saurez comment construire votre avenir, avec
elle ou sans-elle. Le "dehors" de votre couple est-il
une farce de mauvais goût, est-ce votre couple qui en est
une ? Il vous faut être pleinement clairvoyant à ce
propos. Il n'est pas rare que les tyrades extraconjugales de chaque
conjoint se terminent par une fidélité de couple retrouvée
tant les petits chez-soi ont une poésie irremplaçable.
hOHo
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